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Allen Ruppersberg est né en 1944 à Cleveland, Ohio. Il a étudié au Chouinard Institute à Los Angeles jusqu'en 1967. Il vit et travaille entre New York et Los Angeles. Son oeuvre est encore peu connue en France. L'exposition au MAGASIN est une occasion unique de découvrir et d'apprécier le travail de cet artiste majeur, figure paradigmatique de l'art conceptuel californien.

L'exposition au MAGASIN Where's Al? est la première exposition à caractère rétrospectif d’Allen Ruppersberg en France.

Cette exposition donne à voir plus de cinquante pièces de 1968 à 1996, réparties dans différents espaces du MAGASIN, notamment les Galeries, la "Rue" et la Cafétéria. Articulé par des pièces essentielles de la production de l'artiste, l'exposition rend compte de la multiplicité des moyens utilisés : dessins, peintures, installations, films, affiches, vidéos... Exploitant la diversité de la production d'Allen Ruppersberg, l'aspect évolutif de ses oeuvres, l'exposition propose un parcours non chronologique, mais qui illustre différents types d'expositions.

Ainsi, l'espace des Galeries du MAGASIN se répartit en 6 salles, référant chacune à des styles d'installations différents. La "Spare Clean White Space Room", espace blanc installé de manière très minimaliste, la "Spontaneous all over Scatter Room", installation spontanée, dispersée dans l'espace, les deux "Traditional Room", espaces traditionnels (avec dessins, peintures), la "Group Show Theme Exhibition Room", caractéristique d'une exposition de groupe thématique, et enfin la "Total One Singular Work", installation consacrée à une seule oeuvre, comme les définit Allen Ruppersberg lui-même.

L'exposition se poursuit dans l'espace de la "Rue", utilisant le mur courbe pour la pièce The Novel that writes itself, 1996, oeuvre (re)créée pour l'occasion, qui consiste en un mur d'affiches.

Dans l'espace de la cafétéria, seront montrées des photos-silhouettes grandeur nature d'Allen Ruppersberg et des éléments originaux provenant de 2 oeuvres de 1971, Al's Cafe et Al's Grand Hotel.

La démarche d'Allen Ruppersberg

Les problématiques qui nourrissent la démarche d'Allen Ruppersberg, le langage, la mémoire, l'histoire, la question de l'identité de l'artiste, le questionnement autour des rhétoriques cinématographiques et photographiques, sont autant d'axes que l'on retrouve dans les préoccupations des jeunes générations actuelles.

L'oeuvre d'Allen Ruppersberg aborde ces questions, jouant en permanence des croisements entre fiction et réalité. Son travail s'ancre dans la culture vernaculaire américaine, où il puise ses matériaux de base : livres populaires, objets, films, photographies, affiches, extraits d'émissions télévisées, architecture... Il pose de manière subtile la question de l'intégration de l'art dans la vie quotidienne.

Ruppersberg se définit comme un lecteur : « Je ne me vois pas comme un auteur. Je suis un lecteur et je projette ma voix dans les oeuvres pour que d'autres lisent à leur tour ».

A partir des livres, des journaux, des lettres, des émissions télévisées qu'il collectionne, il coupe, copie, transpose sur d'autres supports. Pour exemple, The Portrait of Dorian Gray, 1974, transcription manuscrite du livre d'Oscar Wilde sur un ensemble de 20 toiles, ou Remainders: Novels, Sculpture, Film, 1991, (Invendus : Romans, Sculpture, Film), installation d'une centaine de livres posés sur une table, ces livres étant fabriqués par Ruppersberg suivant une typologie populaire (faits divers, morales...). Ou encore, les montages présentés dans des installations comme How to Remember a Better Tomorrow, 1989, réalisés à partir d'extraits d'actualités télévisées, d'émissions éducatives, de films.

Ces oeuvres témoignent aussi d'un intérêt particulier à l’histoire, confrontant "grands événements historiques" et "petite histoire", mettant en évidence les codes qui forment la mémoire collective. Marqué par le cinéma hollywoodien des années 50, qui développe les clichés de l'Amérique idéale, l'artiste confronte ce mythe à la réalité quotidienne de l'époque.

La dimension autobiographique est récurrente dans son travail, posant la question de l'identité de l'auteur. La figure de l'artiste est souvent présente, mais mise en doute, en retrait. Souvent masqué dans des séries photographiques comme The Fairy Godmother, 1973, Allen Ruppersberg se met en scène comme personnage fictif. Where's Al, 1972, oeuvre éponyme de l'exposition, est un dialogue à la recherche de l'auteur, mêlant texte et photographies-souvenirs.

Premier catalogue rétrospectif important édité à l'occasion de cette exposition. format : 210 x 280 mm, environ 100 photographies n/b et couleur, textes bilingues (français-anglais) • textes de Catherine Queloz et Dan Cameron • documentation photographique • textes de Allen Ruppersberg • chronologie raisonnée de Ruppersberg 1967-1996 (bio-bibliographie, photos)

Pressetext

Allen Ruppersberg: Where's Al?