press release only in german

ECHO

Ce mois de septembre 2004, la galerie Baronian_Francey présente deux travaux vidéo de Sophie Whettnall.

Random Fight

Ce travail apparaît comme un prolongement des auto-portraits vidéo de l’artiste. Il s’agit d’un montage de douze clips vidéos s’enchaînant de manière aléatoire. Cette fois, ce sont douze affrontements de Kung-Fu, douze combats dansés de l’artiste contre son double. Plan large, profil parfait des (du) personnage(s) en pied, symétrie des sihouettes, fond noir. Les engagements se succèdent sans que l’on ne sache jamais lequel des deux adversaires prendra l’initiative de l’attaque. A chaque attaque correspond une attitude de défense et quelques figures d’une lutte rituelle, puis les combattants reprennent la pose du départ. Mais c’est la machine qui recrée l’inattendu, l’indécidable, le hasard, le destin. Illustration renouvelée de l’éternel combat de l’artiste contre lui-même. Au-delà, méditation sur la dynamique de l’ego - le mot lui-même faisant écho au titre le l’exposition. Ego de l’artiste et celui du spectateur aussi bien, renvoyé lui-même à l’indécidabilité des circonstances. D’où viendra l’attaque ? Voilà un paramètre que tout un chacun s’efforce de réduire à sa manière, élaborant ses défenses propres tout au long de l’existence.

Shadow Boxing

Dispositif vidéo. Il s’agit d’une même scène, découpée (et tournée) de manière cinématographique (plan moyen, gros-plan, très gros plan rapprochés dans l’axe, travelling, etc.). Chaque élément du découpage est présenté (en boucle) sur cinq écrans séparés. Autonomie de cinq points de vue, de cinq séquences, sur l’action suivante : l’artiste immobile, impassible, le regard absent, semble ignorer les coups très violents qui lui sont (presque) portés à la tête. « L’agresseur » règle en effet ses coups de manière à ce que ceux-ci s’immobilisent à quelques millimètres à peine du visage de l’artiste. Réflexion sur la maîtrise de soi, la violence contrôlée (à la fois de l’assaillant et de l’assailli) . Le Zen dans l’art de l’esquive. Le refus de la brutalité et, paradoxalement, la beauté de la violence quand elle est à ce point dominée par la volonté et la pratique.

Sophie Whettnall